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Dante's Inferno

Dante's Inferno
La PSP a depuis un certain temps déjà l'occasion d'accueillir des versions light de jeux sortis sur Xbox 360 et PS3 (Assassin's Creed entre autre). C'est donc sans surprise que l'annonce d'une adaptation de Dante's Inferno par Electronic Arts sur la mini de Sony était tombée le 22 avril 2009 avec un trailer tout aussi subtil qu'une division blindée allemande. Malheureusement, au fil des screenshots et des séquences de gameplay, le soufflé a eu tendance a retomber tant cet opus semblait réellement amputé de tout ce qui faisait son charme dans les moutures destinées aux consoles de salons.
Fausse impression ou réelle désillusion, c'est ce que nous allons essayer d'établir avec ce test.
 
 
La descente aux Enfers

Qui n'a jamais eu envie de descendre faire son petit coucou à Lucifer histoire de tailler une bavette, de profiter d'un sauna gratuit et, accessoirement, de sauver sa blonde d'une séquestration peu enviable. C'est grossièrement ce que nous propose Dante's Inferno en usant du célèbre ouvrage du 13ème siècle, la Divine Comédie, comme base scénaristique.
Après un retour des Croisades où notre héros a brillé par son zèle à massacrer et pêcher dans tous les sens, c'est à Lucifer lui-même qu'il va devoir rendre des comptes s'il souhaite sauver son épouse Béatrice retenue captive par le seigneur des Enfers. La rédemption a un prix, et c'est en traversant les neuf cercles qui composent le territoire des damnés que Dante fera, à coup de faux, son expiation. Autant dire que l'ambiance va être rude, d'autant que les développeurs d'EA ont bien révisé leurs classiques et transposé les neuf cercles avec zèle.
Nous nous retrouverons donc à parcourir les Limbes, le territoire des Luxurieux où vous serez accueilli par la "vibrante" Cléopâtre assistée de son Marc Antoine adoré, celui des Gourmands chaperonné par Cerbère. Le quatrième cercle retient lui les Avares et les Prodigues (c'est sans doute là que se retrouveront les courtiers de Wall Street...). Quant aux cinquième et sixième, ils concernent respectivement les Coléreux et les Hérétiques. Les trois derniers territoires regroupent les Violents, les Fraudeurs et les Tricheurs.
Voilà pour le décor paradisiaque qui nous attend, avouez que question office du tourisme, Dante Alighieri était un précurseur dans le domaine.
 
 
Fallait pas...

De retour à Florence après trois ans d'absence, une tentative d'assassinat, un combat contre la Mort, et l'emprunt de sa faux en bonus, Dante, en proie aux doutes les plus cruels après toutes les horreurs dont il a été témoin et auteur, n'aspire qu'à retrouver son épouse et son domaine. Et c'est la dévastation qui l'attend avec les corps de son père et de sa douce Béatrice à l'arrivée. Mais qu'a donc fait Dante pour mériter cela ? Facile à deviner : pas folle son épouse lui a fait faire le serment de fidélité avant son départ, et notre vaillant Croisé n'a rien trouvé de mieux à faire que de goûter à la cuisine locale. Moralité : maintenant il va morfler.
Lucifer s'est empressé de revendiquer l'âme de la jeune femme qui, en étant en plus revancharde, ne s'oppose pas énormément à son rapt (malgré la présence d'un Virgile chargé de chaperonner Dante et de le renseigner). Notre héros, tout comme Mario, se doit donc de sauver son boulet... sa Peach... sa femme... en gros sa blonde.
Voici, avec un poil d'ironie, ce qui vous attend pour les quinze premières minutes du jeu.

Heureusement, même avec toute la narquoiserie du monde, ce brave Dante sait se faire prendre au sérieux. Franchir les Limbes et chercher à affronter les Enfers n'est pas à la portée de tout un chacun... quoique. Dès le début du jeu, tout nous est servi sur un plateau : attaques basiques utilisant les touches carré, rond ou triangle, que vous pourrez faire évoluer à l'envie en récoltant les âmes des autochtones régionaux.
Si au départ, c'est un peu la panique, à l'arrivée vous n'utiliserez plus que le système inhérent aussi aux versions PS3 et 360 qui a la particularité de permettre d'absoudre ou de punir les ennemis, ce qui vous offrira la possibilité de choisir entre deux arbres de compétences différents. Abordons d'ailleurs plus en détails ces deux options car vous comprendrez vite qu'elles influenceront grandement sur vos actions. Si vous choisissez de punir ou d'absoudre à tout va, vous obtiendrez des âmes qui s'ajouteront directement à votre compteur et vous remplirez l'une des deux jauges : rouge pour les améliorations impies, si vous choisissez d'occire sans vous poser de questions, verte si vous optez pour le pardon des malheureux que vous croiserez. La première solution vous ouvrira la voie des améliorations impies (attaques surpuissantes en pagaille qui concerneront l'utilisation de la faux et augmentation de la jauge de pouvoir), la seconde quant à elle aboutira aux améliorations sacrées qui augmenteront la capacité de la Croix de Béatrice à purifier les ennemis et, plus généralement, influera sur votre jauge de santé. Donc, gros bourrin ou pacificateur, le choix vous appartient.
En ce qui concerne les boss, c'est encore plus simple, tout est indiqué, ou presque. Vous tapez tant que vous pouvez en guettant d'un oeil sournois la petite gâchette R qui apparait et qui signale une attaque automatique. Ensuite, soit vous avez deux mains gauches, soit vous saurez suivre le combo de touches signalé.
Question déplacements c'est, et c'est le moins que l'on puisse dire, la fête au village : grimpette sur des murs de damnés qui gesticulent, sauts de liane en liane impossibles à rater à moins d'être parkinsonien, des franchissements de ponts rétractables (double saut, tu es notre ami). En bref, c'est presque un lunch du dimanche que nous propose EA avec ce gameplay simpliste à l'extrême.
Enorme point noir à relever tout de même, et pas des moindres : le jeu occasionne une baisse de framerate (voire des lags) très conséquents sur la pauvre PSP. Il est même à noter qu'il a réussi à la faire freezer deux fois à la fin d'un boss. Alors exemplaire buggé ou bien réel défaut de conception de la part d'EA, cela reste à confirmer.
Vous devez certainement vous dire, qu'après un tel déballage, le jeu est bon à mettre à la poubelle ? Que nenni, la mayonnaise, bien que simplifiée à l'extrême, prend extrêmement bien et se concentre de toute manière sur ce qui fait le fer de lance de Dante's Inferno : l'action pure et dure, et le côté défouloir inhérent à ce type de titre qui permet de passer un très bon moment, pas trop long, sans se prendre la tête à réfléchir à des actions compliquées.
Le pari d'utiliser un tel scénario pour en faire une ode au carnage dans un jeu vidéo n'était pas anodin, et EA s'est fort bien plié à l'exercice en récoltant moults informations sur l'oeuvre d'Alighieri et en les disséminant dans le titre.
 
 
Noir c'est noir...

Il n'y a plus d'espoir. A que Johnny avait raison... ou pas. Il est vrai que prendre comme terrain de jeu graphique les Enfers demande de ne pas utiliser de couleurs trop pastelles ou d'une exposition plein soleil, mais enfin là, l'abus est criant car il est un frein au jeu lui-même.
En effet, hormis y jouer dans un environnement nocturne complet, bien malin sera celui qui ne sera pas pénalisé par le manque de luminosité du jeu (en extérieur, vous pouvez de suite l'oublier tant c'est un calvaire). Difficile de comprendre comment ce handicap a pu échapper en post production car il gâche vraiment la jouabilité du soft. C'est d'autant plus vrai que lorsqu'il nous est permis d'admirer certains paysages dans de bonnes conditions, les graphismes de Dante's Inferno sont de très bonne qualité pour un jeu sur PSP. Ces derniers fourmillent de petits détails tels que les corps en mouvement sur les parois à escalader ainsi que de très jolis effets de lumière. Chose étrange, alors que certains niveaux sont réalisés avec beaucoup de minutie, d'autres (comme le Cercle de la gloutonnerie) souffrent d'un aliasing conséquent et laissent une impression désagréable d'environnement bâclé.
La caméra quant à elle, reste un plan fixe et ne vous donnera aucune voix au chapitre : à vous de la supporter même si elle se pose parfois plus comme une ennemie que comme une alliée, surtout lorsqu'il s'agit de masquer la gâchette d'action automatique au dessus de vos adversaires. Au bout d'un moment, l'habitude viendra d'elle-même de regarder là où il faut, mais c'est tout de même assez ardu au départ (surtout lors du tout premier combat avec la Mort).
Question cinématiques, sans être bluffantes, elles n'en restent pas moins très agréables à suivre, surtout pour les passages au format BD animées qui se chargent de former les come backs explicatifs du passé de Dante.
 
 
Vous pouvez répéter s'il vous plait ?

Voilà le plus gros défaut du jeu avec celui de son manque de luminosité : la différence de volume entre les scènes de narration et les phases in-game. Soyons clair, à moins de vous munir de vos écouteurs et de risquer de vous perforer le tympan en cas de passage d'une cinématique à un combat, c'est un calvaire. Les voix des personnages sont au mieux perceptibles, au pire inaudibles si un peu de bruit parasite vous entoure.
Question musique, c'est au minimum vital qu'il faudra vous attendre avec une BO composée avant tout des morceaux de la Divine Comédie de Franz Liszt, ce qui reste un très bon choix au demeurant.

Et en combien de temps ?

Pour boucler votre ballade touristique sans trop vous fouler et en vous promenant de droite à gauche pour ramasser les pièces que ce fourbe de Judas a disséminées au petit bonheur la chance dans le jeu, cela ne vous prendra pas plus de sept heures. Cela ne surprendra personne puisque c'est la durée de vie moyenne d'un titre d'action de ce genre. Après, bien entendu, libre à vous de faire les deux autres modes afin de débloquer les bonus, c'est même tout l'intérêt de Dante's Inferno.

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Gameplay
6 / 10
Intéressant et simple à prendre en main, mais malheureusement rien qui ne révolutionne le genre, le système de Dante's Inferno pêche surtout par ses environnements sombres qui freinent de manière très désagréable l'avancée du joueur en s'ajoutant aux lags très présents, virant parfois au freeze de la console.
Graphismes
6 / 10
Bien que très détaillé et fort joli dans ses niveaux les plus clairs, le jeu reste un calvaire pour les yeux dès lors que le côté sombre reprend le dessus, à tel point que l'on ne voit presque plus rien aux moments critiques. Une mauvaise surprise pour un jeu qui aurait pu largement sortir son épingle grâce à ses cinématiques qui, tout en n'étant pas exceptionnelles, restent très agréables à suivre.
Bande-Son
5 / 10
Malgré l'utilisation de l'oeuvre de Liszt au niveau musical, rien ne saurait faire oublier qu'il vaut mieux être équipé d'un sonotone pour comprendre un traitre les dialogues de l'histoire. Même s'il est possible d'afficher les sous-titres.
Durée de vie
6 / 10
Sept bonnes heures pour terminer un jeu truffé d'embuches causées avant tout par le développement hasardeux, c'est tout juste moyen. Comptez en le double si vous souhaitez faire les deux autres modes de difficultés.
Note finale
6 / 10
Dante's Inferno aurait pu être un bon jeu, malheureusement EA en a décidé autrement en accumulant les erreurs au niveau de son développement. Il reste donc une alternative de second choix face à un God of War toujours imité, mais cette fois encore inégalé.
Test de Dante's Inferno
Par mardi 23 mars 2010 à 09h20
  • Merci pour le test, j'éviterais de le prendre et me referais God of War chains of Olympus du coup ^^
    il y a 2 années
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  • Un test de Rukia est toujours agréable à lire et pour le coup je suis entièrement d'accord avec tout ce que dit le test. Mais vu que le genre est rare sur PSP il est à prendre à bas prix
    il y a 2 années
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  • Ca fait du bien de lire un nouveau test de Rukia.

    Sinon vu que j'aime les beat them all sans doute à petit prix, dommage qu'il ait été baclé.
    il y a 2 années
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  • En occasion, c'est un jeu récréatif, mais n'allez surtout pas y mettre le prix fort, ce serait de l'arnaque. (je te le file pour que tu y goute Aalok quand tu passeras à la maison ;) )
    il y a 2 années
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  • trop bien :D
    il y a 1 année
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