Test
LittleBigPlanet
Jouer, Créer, Partager. Trois mots qui résument l’état d’esprit de LittleBigPlanet, un jeu de plateforme qui a fait plonger la PlayStation 3 dans le jeu vidéo communautaire, aussi appelé 2.0. Véritable bouffée d’air frais, le jeu de Media Molecule a trouvé une communauté de fans et peut se vanter d’avoir plus de deux millions de niveaux mis en ligne par les joueurs. Cette fois c’est Sony Computer Entertainment Cambridge qui reprend en main l’adorable Sackboy. Vont-ils faire aussi bien, voire mieux, que Media Molecule ?
Jouer à la poupée
Avant même de s’étendre sur le côté création de LitteBigPlanet, intéressons-nous à son aventure en solo qui est une introduction parfaite à tout ce que représente ce titre. Sackboy, une poupée de chiffon, va faire le tour du monde afin de réunir les Curateurs Créateurs, des inventeurs débordants d’idées qui doivent participer à un carnaval. C’est l’occasion de parcourir des régions variées et de se heurter à toutes sortes d’embuches sorties de l’imagination de Sony Cambridge. Pour ceux qui n’auraient pas été introduits auprès de Sackboy, qui peut devenir Sackgirl si vous préférez, il s’agit d’une créature adorable et entièrement personnalisable. Au fur et à mesure des niveaux, vous trouverez des bulles récompenses contenant de quoi changer la couleur de votre poupée, l’habiller des pieds à la tête pour en faire un dinosaure, un pharaon, un poulet, un gentleman, un ouvrier de chantier, une actrice de cinéma, une Laura Ingalls échappée de sa petite maison dans la prairie et mieux encore, ce que vous voulez. Vous pourrez mixer toutes les tenues disponibles pour obtenir votre avatar personnalisé qui ne ressemblera à aucun autre. Les items sont nombreux et il arrive de s’arrêter de jouer pour habiller son personnage selon son humeur en oubliant tout le reste. Les combinaisons sont incroyablement nombreuses et vous sauterez de joie à chaque nouvel item ramassé pour expérimenter son effet sur le look de votre Sackboy. Le seul reproche qu’on puisse faire à notre petite créature est que certains de ses apparats ne sont que peu visibles, ainsi les tongues rouges ne feront apparaitre qu’une petite marque rouge sous ses pieds et certains pantalons seront difficiles à distinguer.
Si vous n’aimez pas jouer à la poupée, alors peut-être préférez-vous les ateliers collage et mécanique. Si c'est le cas, il est temps de commencer à jouer. C’est à ce moment-là qu’on découvre les véritables héros du jeu : les niveaux que va parcourir Sackboy. C’est un régal d’idées, d’imagination, d’inventivité, de poésie, d’amour, de plateformes et d’amusement que l'on prend plaisir à explorer. Chaque continent possède sa propre identité et pas un seul n’est à jeter ou n'est d'un niveau inférieur aux autres. A chaque pas, on est surpris et on s’extasie devant les astuces qu’ont su appliquer les développeurs pour réaliser une farandole de couleurs et de mécanismes, tout bonnement merveilleux. Chaque élément à l’écran est actionné par un mécanisme et le tout ressemble à un spectacle de marionnettes. Imaginons que vous poursuivez quelqu’un, le personnage apparaitra devant vous à l’écran mais vous apercevrez aussi les ficelles qui le tirent pour le faire avancer. Vous vous promenez dans un décor nocturne, un réverbère au-dessus de vous, la lumière est représentée par un cône de papier jaune collé au mur derrière vous. Les nuages sont attachés au ciel par des chaînes, les dromadaires sont des morceaux de carton sur rail, l’eau est un gaz teint en bleu et j’en passe. Même les mécanismes déclenchant les scripts ou faisant se mouvoir un objet sont visibles, on est alors ébloui par le talent des créateurs et on s’amuse autant à jouer qu’à imaginer comment a pu germer l’idée du décor que l’on traverse. Le tout a un aspect papier mâché-carton du plus bel effet, surtout que les décors sont remplis de couleurs donnant l’impression de feuilleter un livre d’images. Chaque niveau à sa propre ambiance, magnifiquement appuyée par une musique en totale correspondance avec l'environnement. Très souvent aériennes et légères, les musiques sont un enchantement de chaque instant. Elles tourneront en boucle tout au long du niveau et impossible d’en changer, donc si vous n’aimez pas vous risquez d’avoir une folle envie de couper le son. Cependant, elles sont tellement bien choisies qu’elles font partie intégrante du jeu, il est donc dommage de s’en priver.
Pour traverser chaque monde, Sackboy ne pourra compter que sur son intelligence, ses capacités et surtout sur vous. Les décors sont interactifs, il est possible de s’accrocher à énormément de choses, de rebondir, de sauter et de changer de plan. LittleBigPlanet a beau être un jeu en 2D à première vue, il y a deux plans en profondeur sur lesquels on peut se déplacer. Lorsque vous êtes coincé par un mur votre personnage changera automatiquement de profondeur pour continuer sa route. Très réussi, on ne notera que rarement des ratés à ce niveau, de même si vous sautez en direction d’une plateforme sur un plan différent, le changement se fera et vous arriverez indemne. Vous pouvez vous-même effectuer cette action en appuyant rapidement sur le haut ou le bas du stick analogique, action très importante si on veut trouver les objets cachés, ceux-ci ayant la fâcheuse habitude de se cacher derrière des éléments du décor. Pour le reste Sackboy est capable de sauter, attention cependant, les bonds de notre ami sont lunaires et flottants - moins que dans l’épisode PS3 - et demandent un petit temps d’adaptation. Il est aussi possible de s’accrocher à certains objets qui s’élèveront alors haut dans les cieux ou vous permettront de vous balancer pour les faire avancer. Il sera aussi possible de jouer avec les expressions de Sackboy grâce à la flèche directionnelle, appuyez sur une direction et votre personnage passera de la joie à la tristesse en passant par la peur et la colère. Il est même possible d’avoir quatre animations de plus pour chaque état en pressant la gâchette gauche puis une direction de la croix, vous aurez alors le droit à un saut arrière ou une danse de la victoire par exemple. Il est fortement dommage que le jeu ne soit pas jouable à plusieurs pour en faire profiter ses amis mais ça n’empêchera pas d’en user et abuser pour son plaisir personnel.
Voici le plus gros défaut de LittleBigPlanet PSP, contrairement à son ancêtre sur PS3, il n’est pas possible de jouer à plusieurs simultanément. Il faudra donc vous débrouiller seul pour trouver toutes les bulles récompenses durant les six heures que vous prendra l’aventure solo, voire huit ou dix pour collecter tous les bonus. C’est court mais le plaisir n’est gâché que par les écrans de chargement un peu longuets qu’on rencontre avant de débuter un niveau. Vous pouvez prolonger l’expérience en terminant tous les niveaux sans mourir une seule fois, ce qui débloque de nouveaux objets, ou en tentant de réaliser les meilleurs scores sur les mini-jeux à débloquer en trouvant une clé dans certains niveaux.
Créer avec imagination et folie
La grand originalité de LittleBigPlanet c’est bien entendu la possibilité de créer ses propres niveaux, autant vous dire que transférer les possibilités de la PS3 sur la PSP n’est pas un défi facile, il est pourtant réussi par Sony Cambridge. Tout d’abord, en démarrant votre première création, le jeu vous proposera plusieurs tutoriels afin de vous familiariser avec les possibilités offertes. Il est conseillé de réaliser l’aventure solo avant tout afin de se donner une idée des possibilités. D’ailleurs, le mode création ne sera débloqué qu’après avoir parcouru le prologue du jeu. Les tutoriels sont très bien réalisés et présentés de façon amusante grâce à des cinématiques toutes mignonnes. La voix vous expliquant chaque étape de la création est la même que sur console de salon et est une franche réussite. Que ce soit dans les dialogues avec une touche d’humour ou dans les explications, le ton est calme et serein, rendant le tout totalement compréhensible.
Après avoir pris des notes durant la leçon il va falloir se mettre au travail. Sachez que vous pouvez faire flotter votre personnage un peu partout pour rapidement parcourir votre création. Les menus sont simples et intuitifs grâce aux icônes les représentant. Que va-t-on trouver pour réaliser ses créations les plus farfelues ? Tout d’abord, les outils de base sont les matières, c'est-à-dire ce qui va vous servir à dessiner vos niveaux, comme le bois, le fer, le métal bref des matières premières. Très variées, elles permettront de s’adapter à toutes les ambiances voulues. Vous pouvez donc fabriquer vos niveaux grâce à elles mais aussi générer des formes que vous pourrez assembler entre elles afin de réaliser des objets inédits. Une montagne d’items déjà prêts et classés par catégories sera disponible pour vous faciliter la tâche, cependant ça ne sera pas facile de les obtenir puisqu’ils seront cachés dans les niveaux du mode solo. Il va donc vous falloir écumer les aventures de Sackboy pour trouver le plus possible d’ingrédients pour mettre en place vos propres folies.
Une fois tous les éléments nécessaires réunis, il est temps de les animer et de les faire vivre. A votre disposition : une sacoche bien remplie avec des câbles, des élastiques et de nombreux mécanismes. Citons ainsi les détecteurs de présence, les interrupteurs, les leviers, les ressorts, les moteurs, les bruitages, les bouches magiques pour faire parler les personnages et bien d’autres choses. Les possibilités sont gigantesques et il existera toujours une solution pour réaliser ce qui au premier abord parait impossible. Ce mode création est une mine d’or et l’on retrouve quasiment toutes les possibilités de LittleBigPlanet senior. Créer un niveau entier prendra du temps et demandera de nombreux essais, il faudra donc s’y investir. Malheureusement, lorsque vous modifierez votre niveau en faisant un retour en arrière par exemple, il arrivera souvent d’avoir à subir un très court chargement. C’est plus la répétitivité de ceux-ci que leur durée qui pourra agacer les artistes alors qu’ils chercheront à gommer le moindre défaut de leurs chefs-d’œuvre.
Partager son œuvre
Voici l’aboutissement de toutes les étapes précédentes pour l’artiste. Il a ratissé chaque recoin de l’aventure pour trouver tous les objets afin de ne pas être bridé dans ses désirs de grandeur lors de la création de son niveau. Il est maintenant temps de dévoiler au monde entier son génie. Il doit se rendre dans le menu « Ma Lune » où se trouvent ses niveaux, un simple clic et voici sa création partagée avec tous les joueurs de LittleBigPlanet sur PSP.
Enfilons maintenant le rôle du joueur se connectant au PlayStation Network après avoir sélectionné la « Lune de communauté », l’endroit merveilleux où se situent les travaux réalisés par les autres joueurs. Que de niveaux déjà créés à peine un mois après la sortie du soft, il ne sait par lequel commencer. Heureusement, des menus sont là pour l’aider, il est possible de filtrer les créations les plus jouées, les mieux notées ou les plus récentes. S’affichent alors des dizaines de niveaux avec pour chacun le nombre de joueurs ayant essayé d’en venir à bout et combien parmi eux vous recommandent cette création. Notre chasseur de bonnes aventures en aperçoit une qui le tente, il clique alors dessus et on lui propose de jouer ce niveau, il accepte et voici qu’un très rapide téléchargement a ajouté sa sélection au menu « Niveaux téléchargés ». Il pourra donc a chaque fois qu’il le désire se rendre à nouveau dans sa liste afin de rejouer un niveau qu’il a aimé même sans être connecté à Internet ! Et si le créateur est vraiment bon, alors il suffit de faire une recherche pour tous les niveaux de ce dernier, c’est ça LittleBigPlanet sur PSP, un endroit convivial où il est facile de trouver de très bonnes réalisations faites par les joueurs et ainsi allonger la durée de vie vers l’infini et au-delà.
Sackboy n’a que très peu changé en se faisant miniaturiser pour les besoins de la PlayStation Portable, pour le plus grand plaisir des joueurs. Sony Cambridge se montre digne de Media Molecule et offre à la PSP un jeu sans fin. On pourra lui reprocher un éditeur avec des chargements un peu trop fréquents et l’impossibilité de jouer à plusieurs, mais certainement pas celui d’être un mauvais jeu de plateforme. Bien au contraire, l’aventure de Sackboy est absolument merveilleuse, imaginative et se classe comme l’un des meilleurs jeux de la console. Envolez-vous au pays des idées et de l’imagination, vous ne le regretterez pas.
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Par Aalok • samedi 9 janvier 2010 à 18h00
Fiche jeu
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