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Assassin's Creed : Bloodlines

Assassin's Creed : Bloodlines

Alors qu'Ezio Auditore envahit les consoles de salon et la Nintendo DS, Altaïr se garde la PSP pour lui tout seul. Changement de décor tout de même, direction Chypre pour celui qui a combattu les Templiers en Terre Sainte. La guerre est loin d'être terminée et Altaïr n'a pas encore rangé ses lames, l'aventure continue dans Assassin's Creed : Bloodlines. Notre assassin est il toujours au sommet, ou bien a t'il atteri à côté d'une charette remplie de foin, c'est ce que nous allons découvrir.

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La chasse continue

Suite à la mort de Robert de Sablé, la paix se dessine petit à petit en Terre Sainte. Les Templiers fuient la région pour se réfugier à Chypre, île qu'ils ont achetée à Richard Cœur de Lion. C'est ce que va apprendre Altaïr dans le prologue de cette nouvelle aventure. Décidé à éliminer les dernières traces de l'Ordre du Temple, celui-ci va se trouver une nouvelle fois confronté à Maria, femme qu'il avait épargnée auparavant. Il la forcera à parler des plans des Templiers, ce qui amènera l'Assassin à les poursuivre jusqu'à Chypre pour en finir. C'est sur l'île que se trouve l'Archive des Templiers, le lieu où ils cachent leurs documents et leurs trésors. Ils veulent d'ailleurs s'emparer de la Pomme d'Eden, relique obtenue par Altaïr après son combat final du premier épisode et dont il est le seul à connaître l'emplacement.

Voici ce que vous apprennent les premières minutes du jeu, pour avoir d'autres informations intéressantes sur l'histoire d'Assassin's Creed il faudra attendre la cinématique finale. Entre temps, vous aurez droit à une histoire qui n'apporte rien à part quelques monologues d'Altaïr sur l'évolution de ses pensées. Ajoutons-y une réponse sur la Pomme d'Eden, une autre sur l'avenir de notre Assassin, qui éclairera les joueurs PC, PS3 et Xbox 360 à propos d'une certaine scène, et nous avons fait le tour de ce qu'offre à la série le scénario de cet épisode.

L'histoire de Assassin's Creed : Bloodlines n'est pas mauvaise mais n'est pas extraordinaire non plus. Bien construite, elle n'atteint jamais de véritable sommet et préfère multiplier les personnages plutôt que de vraiment s'intéresser à eux en détails. Chacune des sept sections qui composent l'aventure introduisent un adversaire qu'il faudra affronter à la fin, pas vraiment le temps d'en apprendre d'avantage à son sujet donc. Pire encore, un personnage original fera son apparition pour disparaître en un claquement de doigts, vous privant de poursuites et de combats qui auraient pu être de très haut niveau. Sur ce point Bloodlines est une déception, le joueur ne se sentant que trop rarement impliqué par un scénario qui ne décolle qu'à la moitié du jeu sans jamais passionner.

L'intérêt est finalement gardé par un Altaïr toujours aussi charismatique et qui colle le joueur à sa PSP par sa classe et son évolution, mais aussi par une quête principale qui ne laisse que peu de temps morts et dont les situations s'enchainent vite. Le seul problème est que les séquences mémoires finissent par se ressembler. Vous allez voir le chef de la résistance local, il vous parle de quelqu'un, vous allez voir une autre personne qui vous en parlera en échange d'un service, vous allez interroger un Templier puis vous vous infiltrez dans une forteresse pour tuer le boss. Malgré cet air de déjà vu qui se fait ressentir à la moitié du jeu, l'aventure se déroule d'un trait et vous ne vous ennuierez pas.

Si la mission de l'homme aux neuf doigts vous ennuie, vous pouvez grimper sur un point d'observation, un par quartier, afin de voir les quêtes annexes aux alentours. Vous avez alors la possibilité de réaliser des missions qui consistent à livrer un objet ou à tuer quelqu'un, parfois dans un temps limité, et c'est tout. N'étant pas passionnantes et surtout très répétitives, on aura tendance à regarder ailleurs lorsqu'un habitant voudra vous demander de l'aide, malgré le gain de pièces nécessaires à améliorer vos talents entre deux missions. Ces mêmes pièces peuvent être trouvées dans chaque zone, si vous êtes amateur de trésors cachés vous aurez de quoi vous amuser, si vous n'avez pas envie de tourner en rond et de parcourir la moindre allée de la ville vous passerez votre chemin.

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Au royaume des idiots, l'Assassin est roi

Loin de moi l'idée de traiter nos amis chypriotes d'idiots, ce message s'adresse plutôt aux Templiers présents dans le jeu et possédés par une intelligence artificielle catastrophique. Des exemples valent mieux que des explications, alors commençons par là. Altaïr aperçoit deux gardes côte à côte, il se glisse derrière le premier, lui plante son couteau dans le dos, l'ennemi s'effondre pendant que son compagnon se presse de ne rien faire à part attendre une mort rapide. Même contexte, Altaïr attaque de front, le premier garde est poignardé sous les yeux du second, celui-ci décide alors d'approcher du corps situé à un mètre de lui, il voit que son compagnon est mort et décide de sortir son épée. Il aura donc fallu une éternité avant que l'adversaire réagisse alors que le meurtre s'est déroulé juste devant lui. Cette IA est un vrai calvaire pour le jeu, le rendant beaucoup trop simple pour en tirer un véritable plaisir lorsqu'on réussit à infliger une mort furtive. Tant qu'un ennemi n'est pas collé à un cadavre il ne réagira pas, sauf si vous faites quelque chose d'encore plus grave, à savoir courir dans la rue. Si vous avez le malheur d'aller trop vite alors attention, tous les Templiers et pirates à votre recherche vont dégainer leur épée et vous poursuivre. Il suffit alors de prendre une transition pour que vos poursuivants décident d'abandonner la course et retournent à leurs occupations.

Imaginons maintenant que vous ayez marché sur le pied d'un garde et que celui-ci décide de se battre, vous découvrirez alors ce qui est sans doute la meilleure facette du jeu. Le système de combat directement issu du premier volet est toujours aussi bon et dynamique. Si vous êtes plutôt offensif, appuyez sur carré et Altaïr attaquera, si vous appuyez une nouvelle fois au moment où votre lame heurte celle de l'adversaire notre Assassin enchainera une nouvelle attaque et ce jusqu'à ce que vous transperciez le pauvre fou qui a voulu vous défier. Le timing est important et il faut aussi surveiller les autres combattants présents qui pourraient vous attaquer dans le dos.

Lorsque le surnombre se fait trop sentir il sera temps de passer en mode défensif. Vous devrez donc garder la gâchette droite enfoncée afin de laisser Altaïr en garde. Lorsqu'un assaillant tentera une attaque, une pression sur carré et notre héros contrera l'assaut avant d'envoyer un coup de pied bien placé. A la troisième riposte c'est une attaque fatale que subira votre ennemi. Il est dommage qu'on ne recoure que rarement au mode défensif, très bien réalisé, puisque vos adversaires auront tendance à être timides pour attaquer, vous laissant tout le loisir de vous en occuper grâce à un combo bien placé.

On peut aussi noter une gestion des couteaux de lancés bien pensée. Désormais lorsque vous lancez l'une de ces précieuses lames, vous pourrez la récupérer. Que ce soit au sol si votre lancer a échoué ou bien sur le corps de votre adversaire. Une idée bienvenue qui ajoute une pointe de réalisme. Vous aurez aussi accès à la fameuse lame cachée et à la classique épée. Ces armes sont fixes et ne peuvent être remplacées. Pour les activer il suffit d'une pression sur l'une des touches de la croix directionnelle.

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Sous le soleil de Chypre

Quittant la Terre Sainte pour l'île de Chypre, Altaïr va avoir l'occasion de visiter deux villes différentes. Seul problème, elles sont presque similaires et on ne voit pas vraiment de différences entre les deux. On est loin de l'identité propre à chaque ville des versions consoles de salon. Si le scénario ne le précisait pas, on aurait l'impression d'être dans une seule grande ville. Pas de gardes avec des tenues différentes, une architecture identique et des points d'observation qui finissent par tous se ressembler.

Les cités sont découpées en petites cartes, chacune reliée à d'autres par des zones de transitions. Celles-ci sont assez petites et ont surtout comme inconvénient d'obliger à passer par des lieux précis pour aller d'un quartier à un autre. La liberté des déplacements s'en retrouve donc fortement amputée et le jeu perd de son intérêt. Pour aller d'une zone à une autre, grimper à un mur vous prendra presque autant de temps que de traverser le secteur en courant. Heureusement, les chargements sont très rapides, pour peu que vous ayez réalisé la toute petite installation optionnelle, limitant ainsi les cassures de rythme qu'infligent ces transitions. Comme si ce n'était pas suffisant, les rues sont très peu peuplées. Vous croiserez à peine quelques habitants, pour deux fois plus de Templiers. Certes, le tout est expliqué dans le scénario mais la déception est belle et bien présente.

Les moments les plus intenses et originaux seront les attaques des forteresses où se terre chaque boss. Ces niveaux sont plus vastes que les zones en ville, les possibilités y sont nombreuses et aucune ne se ressemble. Il sera possible d'aborder ces phases de deux façons distinctes, foncer dans le tas ou rester discret. La première solution vous offrira des combats totalement déséquilibrés qui corseront parfois la difficulté. L'infiltration vous offrira des scènes très impressionnantes, comme longer une muraille avec vue directe sur les récifs. Tuer discrètement les gardes, les contourner, passer par-dessus, attendre qu'ils aient tourné au coin, bref se fondre dans les ombres est la méthode la plus plaisante pour traverser ces niveaux. Très intenses, ces passages sont trop rares et ne font que renforcer le vide et le manque de possibilités qu'offrent les autres environnements.

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Un Assassin beau mais aveugle

Altaïr, plus habile qu'un singe, capable de sauter de toit en toit, de marcher sur des poutres, escalader des tours de plusieurs dizaines de mètres, de trouver une carriole de foin les yeux fermés en sautant vers l'arrière, mais, toujours incapable de nager. La palette de mouvements est très variée et surtout très bien animée. Chaque mouvement que réalise notre Assassin favori respire le réalisme, le travail à ce niveau est une franche réussite. Que ce soit durant les combats, l'escalade des bâtiments ou les sauts, les déplacements sont fluides et l'animation ne souffre d'aucun défaut.

Ce ne sont pas seulement les mouvements de notre homme qu'il faut admirer mais l'esthétique générale du jeu. Là encore on peut saluer le travail réalisé par les développeurs. Seule ombre pour les personnages, certains souffrent de visages grossièrement modélisés et qui tranchent franchement avec la modélisation parfaite de Altaïr. Il est dommage que le soin apporté au personnage principal n'ait pas été élargi aux seconds couteaux, donnant ainsi l'impression que le tout a été bâclé ou réalisé dans l'urgence. Pire encore, les décors sont les grands oubliés. Non pas qu'ils soient désagréables à voir et à parcourir, mais voir notre héros disparaitre dans une montagne à de quoi rendre perplexe. Des bugs de collisions feront ainsi leur apparition de temps à autre. Rien de bien dramatique, ni de bloquant pour votre progression, mais c'est un symptôme qui revient bien trop souvent dans le soft.

Il est rageant de voir chaque bon point du jeu contrebalancé par un problème, la bande sonore ne fait pas exception malheureusement. Si les musiques sont discrètes, on peut tout de même apprécier qu'elles collent à l'ambiance sans masquer les bruits de la ville. Les doubleurs sont convaincants et jouent bien leurs personnages, cependant les bugs sonores gâchent le tout. Il arrivera de temps en temps que vous ayez le droit à un personnage qui bégaye. Celui–ci débutera sa phrase avant qu'elle ne s'arrête brusquement pour repartir du début, encore une fois rien de gênant mais toujours ce manque de finition qui transparait.

Si Altaïr signifie aigle, on ne peut pas dire qu'il en possède la vision dans cette version PSP. La majorité du temps la caméra est tout à fait gérable, notamment grâce à un clic rapide sur la gâchette gauche pour la recentrer, mais parfois elle aura tendance à afficher n'importe quoi. Exemple, vous escaladez une tour ronde, vous regardez droit devant, une série de poutre fait le tour du bâtiment, vous sautez donc sur la première, la seconde et vous vous arrêtez. La troisième n'apparait pas, la caméra est restée fixée vers la direction que vous regardiez à la base plutôt que de suivre le personnage. Il faut alors orienter la caméra en maintenant la gâchette et en utilisant les boutons à droite de l'écran pour faire tourner la caméra. Une fois cette première étape réalisée, vous pouvez tourner votre personnage pour qu'il fasse face à la prochaine planche à atteindre. Les enchainements de plateforme se retrouvent hachés et, pour peu que vous ne fassiez pas la mise au point de la caméra, vous irez vous écraser au sol. Certaines phases très alléchantes deviennent ainsi fastidieuses et longuettes. Voici un nouvel exemple de caméra capricieuse dans un jeu 3D, on ne peut qu'espérer que la prochaine PSP aura deux sticks afin d'éviter ce problème commun à de nombreux jeux.

Assassin's Creed : Bloodlines est un véritable paradoxe pour le joueur, il possède des qualités indéniables, notamment une animation de grande qualité ou des doublages de bonne facture. Les combats sont intenses et l'aventure ne faiblit pas, en partie grâce aux phases d'infiltration dans les forteresses, gommant ainsi la répétitivité du premier volet sur consoles de salon et PC. Malheureusement, cette histoire se boucle en cinq heures, les missions secondaires ne sont pas intéressantes, l'histoire n'apporte presque rien, la caméra gâche des passages qui pourtant paraissent passionnants au premier abord. Altaïr méritait mieux et au final c'est l'impression d'avoir à faire à un jeu sorti à la va vite qui en ressort. Les nouvelles aventures d'Altaïr auraient sans doute pu jouer dans la cour des grands si l'équipe avait profité de plus de temps pour peaufiner son bébé.

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Gameplay
5 / 10
Le personnage se prend très bien en main, mais la caméra le suit très mal. Si la recentrer est simple, la manipuler n'a rien d'une sinécure et mobilise les touches d'actions, vous obligeant à arrêter tout mouvement afin de la mettre en place. La palme de la bêtise revient à une IA totalement à la ramasse, vous pourrez tuer à tout va à un mètre d'un garde, celui-ci ne réagissant que lorsqu'il a le nez collé à un cadavre. Il faut cependant reconnaitre au jeu certaines qualités comme la palette de mouvements disponibles et les combats, notamment la possibilité de récupérer ses couteaux de lancés sur les cadavres.
Graphismes
6 / 10
Altaïr est très réussi et les animations sont de grande classe. Cependant les décors finissent par trop se ressembler, seules les forteresses de fin de niveau varient véritablement. Quelques visages grossiers sur les personnages secondaires, des rues vides et quelques bugs de collisions plombent ce qui est pourtant un point fort du jeu.
Bande-Son
7 / 10
Les doublages sont de très bonne qualité et on prend plaisir à les écouter. Les musiques, bien que discrètes, s'accordent très bien aux bruitages, eux aussi réussis. Quelques bugs sonores et le manque de diversité des commentaires des citadins devant vos acrobaties empêchent le jeu d'atteindre l'excellence dans ce domaine.
Durée de vie
5 / 10
Cinq heures pour faire le tour du jeu sans rencontrer de véritables difficultés et boucler une trame principale dont le scénario n'apporte que de trop rares réponses ou développements sur l'histoire d'Altaïr. Heureusement, le rythme est au rendez-vous et on ne s'ennuiera pas, quelques heures de plus dans ces conditions n'auraient pas été de refus. Les missions secondaires consistant à trouver des pièces dans chaque zone, réaliser un assassinat ou livrer un colis se répètent encore et encore.
Note finale
5 / 10
Gâchis, voici comment résumer Assasin's Creed : Bloodlines. Le charisme de Altaïr ne peut pas faire oublier les manquements de cet épisode. On sent que le résultat aurait pu être très différent avec un peu de temps supplémentaire. Chaque bon point du jeu se retrouve contrebalancé par un problème. Les graphismes et animations sont de qualité mais se heurtent à des rues vides et des bugs de collision, la bande-son est bonne mais parfois buguée, certains décors sortent de l'ordinaire mais les autres se ressemblent trop. Assassin's Creed : Bloodlines ne se démarque finalement sur aucun point et c'est avec tristesse qu'on constate qu'il n'est qu'un jeu moyen.
Test de Assassin's Creed Bloodlines
Par samedi 19 décembre 2009 à 03h15
  • Effectivement il n'y a pas l'air d'y avoir grand monde dans les rues par rapport aux versions consoles, c'est dommage pour ce jeu.
    Merci en tout cas pour le test, ça m'évitera une déception.
    il y a 2 années
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  • J'ai passé un bon moment dessus mais j'ai regretté mes 30 € quand même, il ne les vaut pas vraiment.
    il y a 2 années
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